RDC : À Popokabaka, la chirurgie gagne en compétences pour mieux soigner

À Popokabaka, renforcer les compétences, c’est renforcer les soins. En douze jours, 27 prestataires ont développé leurs compétences en chirurgie, anesthésie, réanimation et soins infirmiers. Au cœur de l’hôpital, 30 interventions ont permis de transformer la formation en pratique – avec un objectif : améliorer durablement la prise en charge des patient·e·s.

Douze jours pour renforcer les soins

À Popokabaka, dans la province du Kwango, l’amélioration des soins passe d’abord par celles et ceux qui les dispensent chaque jour. Du 9 au 22 août 2026, quatre expert·e·s volontaires de Médecins Sans Vacances – Dr Pius Wonga – chirurgien, Adrien Mabusama – technicien d’anesthésie et réanimation, Yvette Mabukama – infirmière au bloc opératoire et Désiré Nkama – infirmier en pré/post opératoire – ont travaillé aux côtés des équipes de l’Hôpital Général de Référence de Popokabaka.

Leur objectif : renforcer les compétences en chirurgie générale et, au-delà des techniques opératoires, améliorer l’ensemble de la prise en charge des patient·e·s — du diagnostic aux soins postopératoires, en passant par l’anesthésie, la réanimation et l’asepsie.
Au total, 25 prestataires (para)médicaux de l’hôpital et deux prestataires issus de centres de santé de référence de la zone de santé ont participé à la formation. Pendant douze jours, théorie et pratique se sont mêlées au cœur même de l’hôpital : échanges en groupe, tours de salle, exposés thématiques, simulations et surtout apprentissage « sur le tas ».

30 interventions : apprendre en soignant

La formation ne s’est pas limitée à une salle de cours. Elle s’est déroulée au contact des patient·e·s, dans les conditions réelles de l’hôpital.
30 interventions chirurgicales ont ainsi été réalisées pendant la mission, offrant aux équipes l’occasion de mettre directement en pratique les techniques abordées. Parmi elles, 19 interventions relevaient de la chirurgie digestive, auxquelles s’ajoutaient notamment des interventions en urologie, des prises en charge d’abdomen aigu chirurgical, une splénectomie, une myomectomie, une hystérectomie et deux cures de cystocèle.

Chaque intervention est devenue une occasion d’apprendre : choisir la technique adaptée à la pathologie, améliorer les gestes chirurgicaux et confronter les pratiques à l’expérience des expert·e·s. Pour le Dr Mangata Mulumba Heritier, médecin directeur de l’HGR de Popokabaka, cette approche a eu un effet directement perceptible :

À chaque pathologie, la technique appropriée a été appliquée. Cette mission nous a permis de renforcer nos compétences chirurgicales et de mieux prendre en charge nos patients.

Au bloc opératoire, chaque détail compte

La qualité d’une intervention ne repose pas uniquement sur le geste du chirurgien. Elle dépend aussi de toute la chaîne de soins. Au bloc opératoire, les infirmier·ère·s ont travaillé sur la composition et l’étiquetage des boîtes d’intervention ainsi que sur le nettoyage correct des instruments. Les erreurs d’asepsie ont été identifiées et signalées afin d’améliorer les pratiques.

En amont et après l’intervention, les équipes infirmières ont renforcé leurs pratiques en matière de soins pré- et postopératoires et de tenue du dossier infirmier. Chaque patient hospitalisé a également bénéficié d’une éducation sanitaire.
L’impact recherché est donc plus large qu’une série d’opérations : il s’agit d’améliorer la qualité de toute la prise en charge.

Réanimation : des gestes qui peuvent faire la différence

Dans une situation d’urgence, quelques minutes et quelques gestes peuvent être déterminants.
La mission a permis aux équipes d’anesthésie et de réanimation de travailler sur des situations concrètes et de s’exercer sur mannequin. Les prestataires ont notamment réalisé deux intubations nasotrachéales et trois intubations orotrachéales, tout en renforçant leurs compétences en oxygénothérapie, avec 10 cas réalisés pendant la mission.
Ces apprentissages contribuent à renforcer la capacité de l’hôpital à prendre en charge des patient·e·s nécessitant des soins chirurgicaux et une surveillance adaptée.

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Des gestes qui restent après la mission

Former ne signifie pas seulement transmettre un geste technique. Il s’agit de permettre aux équipes locales de consolider leurs propres pratiques et de continuer à progresser une fois les expert·e·s repartis. C’est tout le sens du partenariat entre Médecins Sans Vacances et l’HGR de Popokabaka, engagé depuis 2018.

Les premières évaluations avaient identifié trois domaines prioritaires : l’hygiène hospitalière, la chirurgie générale et les urgences obstétricales et néonatales. Depuis 2023, le deuxième Trajet de Renforcement des Capacités poursuit notamment le travail sur la chirurgie générale et les urgences obstétricales et néonatales, tandis que l’hygiène hospitalière est devenue un axe transversal.
La mission d’août 2026 s’inscrit ainsi dans un processus de long terme : renforcer progressivement les compétences pour renforcer durablement les soins.

Consolider les acquis, malgré les défis

Sur le terrain, les progrès réalisés coexistent avec des besoins encore importants. La mission a notamment mis en évidence des difficultés liées à la disponibilité de certains équipements, comme les bonbonnes et concentrateurs d’oxygène, ainsi qu’au besoin d’équipements supplémentaires pour la stérilisation au bloc opératoire.

Pour préserver les acquis, Médecins Sans Vacances maintient un lien étroit entre les équipes de Popokabaka et les expert·e·s volontaires. Cet accompagnement dans la durée permet de consolider les compétences acquises, tout en renforçant progressivement l’autonomie et les pratiques des équipes locales.

De Popokabaka à toute la zone de santé

L’impact de la mission dépasse également les murs de l’HGR. Deux prestataires provenant de centres de santé de référence de la zone de santé de Popokabaka ont participé au renforcement de capacités. Cette dimension est essentielle : en partageant les compétences au-delà de l’hôpital de référence, la mission contribue à renforcer les pratiques au sein de la zone de santé et à créer un effet qui peut se prolonger bien après le départ des expert·e·s.

Quand les compétences deviennent un levier de soins

À Popokabaka, l’impact d’une mission ne se mesure donc pas seulement au nombre de personnes formées ou d’interventions réalisées. Il se mesure aussi dans les pratiques qui évoluent : une technique chirurgicale mieux maîtrisée, une asepsie plus rigoureuse, une prise en charge postopératoire renforcée, un geste de réanimation mieux maîtrisé.

En douze jours, 27 prestataires ont renforcé leurs compétences et 30 interventions ont été réalisées. Mais l’enjeu est plus vaste : faire en sorte que ces compétences restent dans l’hôpital, circulent au sein de la zone de santé et contribuent, intervention après intervention, à des soins de meilleure qualité pour les patient·e·s de Popokabaka.

🔗En savoir plus sur les résultats


Cette mission s’inscrit dans le programme pluriannuel Médecins Sans Vacances–Memisa–Chaîne de l’Espoir Belgique 2022-2026, avec le cofinancement de la Coopération belge au développement et aide humanitaire (DGD)


Texte : Pierrot Kihala – Alexandra Guillot
Date de publication : 25.09.26

 

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