Entretien autour de son rôle au sein de l’organe d’administration

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre l’Organe d’Administration de MSV?
Ma motivation vient d’une profonde conviction : celle que le partage de compétences, la solidarité et la coopération Nord-Sud sont des leviers essentiels pour renforcer durablement les systèmes de santé.
MSV incarne pour moi une approche humaniste et pragmatique du développement : travailler avec les équipes locales, et non à leur place, dans un esprit de co-construction et de respect mutuel. Cette philosophie rejoint pleinement mes valeurs personnelles et mon parcours professionnel, marqué par la formation, la recherche appliquée et l’amélioration continue de la qualité des soins, notamment palliatifs, en Afrique et en Europe.
Quel rôle ou quelle valeur ajoutée pensez-vous pouvoir apporter à l’organisation à travers votre expérience et votre parcours ?
Je souhaite mettre à disposition de MSV une double expertise : clinique et stratégique.
Mon expérience en soins palliatifs, en coordination de projets de santé et en formation me permet de comprendre à la fois les réalités du terrain et les enjeux de gouvernance. Je peux contribuer à renforcer la dimension de formation continue, à favoriser les partenariats académiques et institutionnels, et à promouvoir une approche intégrée de la santé globale, incluant la santé communautaire, la santé mentale et la fin de vie.
Mon engagement associatif en Belgique et en Afrique me permet aussi de tisser des ponts entre acteurs de contextes différents, dans une logique de coopération équitable et durable.
Selon vous, quels sont aujourd’hui les plus grands défis pour renforcer durablement les systèmes de santé dans les régions d’Afrique où MSV est actif?
Les défis sont multiples, mais trois me paraissent essentiels :
- Le renforcement des compétences locales : il faut investir dans la formation, la supervision et la valorisation des professionnels de santé pour garantir la qualité et la continuité des soins.
- La gouvernance et la coordination : la fragmentation des initiatives reste un frein majeur ; il faut renforcer les cadres institutionnels et la collaboration entre acteurs.
- L’accès équitable aux soins : les inégalités territoriales, économiques et sociales limitent encore la couverture sanitaire, notamment dans les zones rurales.
À cela s’ajoutent les enjeux transversaux du financement durable, de la recherche locale et de la résilience face aux crises sanitaires.
Comment voyez-vous la contribution de MSV dans ces enjeux de santé et de coopération internationale ?
MSV a un rôle clé à jouer comme acteur catalyseur du changement. Par son approche fondée sur la transmission des savoirs et l’appui technique, MSV contribue à renforcer la capacité d’action des institutions locales et à professionnaliser les soins.
Je vois également MSV comme un pont entre les mondes : entre Nord et Sud, entre les hôpitaux et les communautés, entre la pratique clinique et la recherche.
À travers une vision stratégique et collaborative, MSV peut continuer à inspirer un modèle de coopération basé sur le partenariat, la durabilité et la coresponsabilité.
Qu’aimeriez-vous que les partenaires et le public retiennent de votre engagement au sein de MSV ?
J’aimerais que mon engagement au sein de MSV soit perçu comme celui d’un bâtisseur de liens — entre professionnels, institutions et cultures — au service d’une santé plus humaine, accessible et équitable.
Je souhaite contribuer à faire de MSV un espace où chaque projet devient une opportunité de croissance partagée, pour les équipes du Nord comme pour celles du Sud.
En un mot, que l’on retienne de mon engagement une volonté d’agir avec sens, rigueur et solidarité, pour faire progresser ensemble la qualité des soins et la dignité de toute personne malade.
Date de publication : 14/10/2025
Interview : Alexandra Guillot
Texte : Anselme Mubeneshayi Kananga