Une sage-femme à Popokabaka : « Parfois, trois kilomètres suffisent pour faire toute la différence. »

Parfois, il suffit de trois kilomètres pour tout changer. À Popokabaka, Mamie Kiala, sage-femme engagée, se bat chaque jour pour rapprocher les femmes de soins vitaux. Entre distances, manque de moyens et urgences imprévisibles, elle forme, sensibilise et agit pour sauver des vies. Avec le soutien de Médecins Sans Vacances, des progrès émergent — mais le défi reste immense : faire en sorte que chaque naissance soit une chance, pas un risque.

« Parfois, trois kilomètres font toute la différence. »

Pour Mamie Mvunzi Kiala, cette distance représente chaque jour le chemin vers la maternité et vers les femmes qui ont besoin de ses soins.

Une sage-femme à Popokabaka

Mamie Mvunzi Kiala est infirmière et sage-femme à l’hôpital de référence de Popokabaka, une ville isolée située au bord de la rivière Kwango, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, près de la frontière avec l’Angola. La région est difficile d’accès et les centres de santé y sont souvent très éloignés les uns des autres. Elle y est également maître de stage et responsable de l’hygiène en maternité et en salle d’accouchement.

En parallèle, elle accompagne les prestataires de soins de 26 centres de santé, parfois situés à plus de 100 kilomètres de l’hôpital. Dans beaucoup de ces centres, il n’y a pas de sage-femme, ce qui rend la détection précoce des complications de grossesse particulièrement difficile.

À l’hôpital seulement en cas de complications

Chaque mois, l’hôpital enregistre plus de trente consultations prénatales et 35 à 40 accouchements. Pourtant, dans l’ensemble de la zone de santé, on estime à plus de 6.500 le nombre de naissances par an. Seules 7 % ont lieu à l’hôpital.

 

Les longues distances, le manque de transport, la pauvreté, les croyances et le manque de formation de certains prestataires de soins expliquent en grande partie cette situation

– explique Mamie.

Les conséquences sont graves. Beaucoup de femmes ne consultent pour la première fois qu’au troisième trimestre. Des complications comme le paludisme, les infections, le diabète ou la prééclampsie sont ainsi souvent détectées trop tard.

Pendant l’accouchement, les problèmes peuvent rapidement s’aggraver : mauvaise position du bébé, travail prolongé ou hémorragies importantes mettent en danger la mère et l’enfant.

C’est précisément dans ces moments que le soutien de Médecins Sans Vacances est crucial, afin que les prestataires soient mieux préparé·e·s à réagir rapidement et efficacement.

Apprendre, partager et orienter

Pour faire face à ces situations souvent complexes, Mamie mise fortement sur la formation et l’accompagnement. À travers la radio locale et les consultations prénatales, elle sensibilise les femmes et leurs familles. En parallèle, elle partage ses connaissances avec les prestataires des centres de santé et suit leur fonctionnement.

L’objectif est clair : permettre une détection plus rapide des risques et orienter les femmes à temps vers l’hôpital.

Sans eau ni électricité, pas d’accouchement sûr

Les infrastructures de base restent un défi majeur.

L’électricité et l’eau sont essentielles pour une maternité sûre

– souligne Mamie.

Le système de panneaux solaires fonctionne à peine en raison de batteries usées, et l’approvisionnement en eau nécessite des réparations urgentes. Un appareil d’échographie permettrait également aux sages-femmes de mieux suivre les grossesses et de détecter plus rapidement les risques.

Soutenue au quotidien

Malgré des besoins importants, des progrès sont visibles. Ils sont rendus possibles notamment grâce à la collaboration avec Médecins Sans Vacances :

Il y a plus de matériel, plus de connaissances chez les médecins et les infirmier·ère·s, et l’hygiène s’est nettement améliorée. Mais surtout : nous nous sentons soutenu·e·s et écouté·e·s.

– explique Mamie.

Construire l’avenir ensemble

Mamie regarde vers l’avenir. Elle espère que la collaboration pourra encore se renforcer, avec une attention continue portée à la formation, à l’accompagnement et à la qualité des soins à l’hôpital. Elle voit aussi des opportunités dans des formations complémentaires, notamment en échographie et dans le suivi des femmes pendant et après la grossesse.

Son message est simple et sincère :

Ne nous laissez pas tomber !

 

Texte : Sarah Bresseleers
Date de publication : 31.03.2026

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