Une nécessité, un souhait, une réalité… une banque de sang pour Kalembe Lembe

Printemps 2023. La triste nouvelle de la mort d’Eunice, âgée de deux ans, nous parvient. La petite fille est décédée dans les embouteillages autour de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), parce que l’hôpital pédiatrique de Kalembe Lembe n’avait pas de sang disponible pour lui faire une transfusion. Le trajet vers un autre hôpital a été fatal à Eunice. En tant qu’organisation, nous avons été confrontés à la réalité : notre hôpital partenaire avait un besoin urgent d’une banque de sang digne de ce nom, équipée du matériel (bio)médical nécessaire et dotée d’un personnel de laboratoire plus nombreux et mieux formé.

Avec environ 70 décès pour 1 000 naissances vivantes, la RDC affiche l’un des taux de mortalité infantile (0-5 ans) les plus élevés au monde. Les principales causes de cette mortalité infantile élevée sont des maladies évitables et traitables telles que la pneumonie, le paludisme, la diarrhée et… l’anémie. Dans ce pays d’Afrique centrale, environ 65 % (soit 2 enfants sur 3) des enfants âgés de 6 à 59 mois souffrent d’anémie. Le transfert tardif vers un hôpital de première ligne, la longue attente des résultats des analyses sanguines et du sang compatible, ou le transfert vers un autre hôpital contribuent encore trop souvent la mort.

Face à la réalité

Bien que l’hôpital pédiatrique de Kalembe Lembe disposait déjà d’un laboratoire bien équipé, il était confronté à des défis majeurs pour aider le nombre croissant de patients. En effet, l’hôpital ne disposait pas de sa propre banque de sang, ce qui empêchait de stocker correctement le sang provenant des dons.

De plus, le laboratoire ne pouvait pas toujours analyser lui-même le sang, faute de capacité et d’équipements. L’hôpital devait envoyer le sang collecté au centre national de transfusion sanguine (CNTS), qui n’en renvoyait qu’une partie après analyse. La pénurie de sang qui en résultait empêchait de traiter les patients de manière adéquate et en temps voulu.

En tant qu’organisation, nous avons été confrontés à la réalité : notre hôpital partenaire avait un besoin urgent d’une banque de sang digne de ce nom, équipée du matériel (bio)médical nécessaire et dotée d’un personnel de laboratoire plus nombreux et mieux formé.

Afin de financer en partie le projet, Médecins Sans Vacances a introduit une demande de subvention auprès du Conseil Mondial de Malines dans le cadre du concours annuel des Objectifs de Développement Durable (ODD). Nina Rabau, alors échevine de la politique mondiale, nous a remis un montant de 16 767,50 € Le précieux soutien de la ville de Malines et ce montant généreux ont constitué une base solide pour la réalisation de ce projet ambitieux.

 

Sur cette photo: Nina Rabau, alors échevine de la politique mondiale de la ville de Malines avec Dr. Jacques Niyankuru, Health Coordinator & Nadine Plehiers, Communication Officer Médecins Sans Vacances

Les mains pleines

Printemps 2025. Bonne nouvelle de Kalembe Lembe. La banque de sang est pleinement opérationnelle !

Nous avons confié le suivi technique du projet à un expert-volontaire congolais de Médecins Sans Vacances. Médecin mandaté par le CNTS (Centre National de Transfusion Sanguine) de la RDC pour superviser le programme national de transfusion sanguine, il a suivi de près l’installation de la banque de sang et assuré la formation du personnel de l’hôpital pédiatrique.

Entre-temps, toute l’équipe du laboratoire a reçu une formation et est à pied d’œuvre. Elle se compose de vingt personnes, dont un médecin biologiste, des biologistes, des techniciens de laboratoire, des infirmiers, des réceptionnistes, des informaticiens et des agents d’entretien.

Et la tâche est de taille !

Grâce à l’extension du laboratoire avec la banque de sang, les soignants ont déjà pu traiter 480 enfants malades par transfusion sanguine. Non seulement ils peuvent diagnostiquer plus de patients par jour, mais ils peuvent également détecter davantage de maladies chez les donneurs de sang grâce à la capacité de test accru et au matériel flambant neuf. Cela garantit la sécurité des transfusions et la qualité du sang donné. En effet grâce au dépistage immédiat dont les maladies transmissibles (telles que le VIH, l’hépatite, la syphilis, etc.), les risques pour les patients sont considérablement réduits.

Un projet ambitieux qui sauve des vies

Malgré quelques petits obstacles, inévitables même avec les préparatifs les plus minutieux dans un projet de cette envergure, la banque de sang tourne donc à plein régime.

 

Et chaque jour, le personnel du laboratoire peut ainsi sauver de jeunes vies. Des vies qui, sans la banque de sang, auraient peut-être connue une fin prématurée… dans les embouteillages autour de Kinshasa.

 

Ce projet a vu le jour grâce au soutien du Conseil Mondial Malines et du Centre National de Transfusion Sanguine de la RD Congo.

 

Auteurs : Dr Pierrot Kihala et Nadine Plehiers
Date : 11/08/2025

 

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