Dans quatre hôpitaux partenaires en RD Congo, Médecins Sans Vacances a travaillé au renforcement de soins plus sûrs pour les mères et les nouveau-nés. L’objectif : améliorer les soins obstétricaux et néonatals d’urgence. Grâce à l’échange de connaissances sur le terrain, les équipes soignantes peuvent réagir plus rapidement et avec davantage de confiance aux moments critiques.
De meilleurs soins d’urgence pour les mères et les bébés dans quatre hôpitaux congolais
Quand un accouchement devient soudain une urgence vitale
Un accouchement se passe généralement bien. Mais parfois, tout change en quelques minutes. Une mère fait une hémorragie importante. Un bébé ne respire pas à la naissance. Une césarienne doit être réalisée en urgence. Ou une femme développe une éclampsie, une complication potentiellement mortelle pendant la grossesse.
Dans ces moments-là, l’équipe soignante doit agir vite et correctement. Dans les hôpitaux partenaires en RD Congo, les équipes sont chaque jour aux côtés des mères et des nouveau-nés, même lorsque le matériel, le personnel ou les infrastructures sont sous pression.
C’est pourquoi Médecins Sans Vacances a collaboré ces deux dernières années avec quatre hôpitaux partenaires autour des soins mère-enfant : Gombe-Matadi, Popokabaka, Walungu et Mubumbano. En concentrant notre action sur ce domaine essentiel, l’organisation maximise son impact et contribue à améliorer durablement la qualité des soins pour les mères et leurs nouveau-nés.
Plus forts ensemble face aux urgences
La force des missions résidait dans la pratique. Les expert·es-volontaires ont travaillé aux côtés des médecins, sages-femmes, infirmier·ères et technicien·nes anesthésistes locaux, à la maternité, au bloc opératoire, en néonatologie et dans le suivi post-opératoire.
Ensemble, ils ont suivi des accouchements, discuté des signaux d’alerte, pratiqué la réanimation des nouveau-nés et examiné comment mieux suivre une mère après une césarienne. La réaction en cas d’hémorragie du post-partum a également fait l’objet d’une attention particulière, tout comme la collaboration entre les différents services lorsqu’un accouchement qui semblait se dérouler normalement devient soudain une urgence.
L’objectif n’était pas de prendre en charge les soins à la place des équipes locales, mais de renforcer ces équipes dans leur pratique quotidienne. Car ce sont elles qui sont présentes chaque jour, même lorsque nos expert·es-volontaires sont rentré·es chez eux.
Des progrès qui protègent les mères et les bébés
Les résultats se sont vus dans des moments de soins très concrets. Les soignant·es appliquent mieux les recommandations, participent activement aux exercices et continuent à renforcer de bonnes pratiques comme le peau-à-peau, l’allaitement précoce et le suivi quotidien des mères et des nouveau-nés.
À Mubumbano, 64 accouchements ont été suivis au cours d’une seule mission, dont 19 césariennes, et 65 nouveau-nés ont été accueillis. À Walungu, il s’agissait de 64 accouchements, 14 césariennes et 25 nouveau-nés suivis en néonatologie.
À Popokabaka et à Gombe-Matadi également, le travail s’est concentré sur des phases critiques de la prise en charge, depuis les complications pendant le travail et les hémorragies après l’accouchement jusqu’à l’anesthésie lors d’interventions urgentes, la réanimation des nouveau-nés et le suivi post-opératoire.
Il ne s’agit donc pas d’un seul changement spectaculaire, mais de dizaines de moments où une équipe mieux préparée peut agir avec plus d’assurance.
De petits changements, une grande importance
Des soins de qualité ne dépendent pas uniquement des connaissances médicales. La préparation, la collaboration et la disponibilité du matériel sont tout aussi essentielles. Lors d’une césarienne en urgence, l’équipe doit pouvoir agir immédiatement. Et lorsqu’un bébé ne respire pas ou qu’une mère a besoin d’un suivi renforcé après une opération, une bonne préparation fait toute la différence.
Pendant les missions, les équipes ont donc examiné ensemble comment rendre les soins mère-enfant progressivement plus sûrs. Les progrès résident parfois dans de petits changements. Lorsque les signaux d’alerte sont reconnus plus rapidement, qu’un nouveau-né est immédiatement maintenu au chaud ou qu’une mère est suivie plus attentivement après une césarienne, les soins deviennent peu à peu plus sûrs.
Pour les patientes, ces améliorations font une grande différence.
Pas à pas vers des soins plus sûrs
Après deux ans dans ces quatre hôpitaux, le bilan est encourageant. Les différentes missions ont permis des avancées dans les soins obstétricaux d’urgence, la réanimation néonatale, l’anesthésie, le suivi post-opératoire, les soins de plaies, l’hygiène et l’organisation de la maternité.
Le changement durable demande du temps. Les nouvelles pratiques ne s’ancrent réellement que lorsque les équipes continuent à les exercer, lorsque le matériel nécessaire reste disponible et lorsqu’un accompagnement reste possible. C’est précisément pourquoi Médecins Sans Vacances continue à miser sur des partenariats de long terme.
Car des soins plus sûrs commencent souvent par quelque chose de très concret : une équipe bien préparée et du matériel disponible lorsque la mère et le bébé ont besoin de soins urgents.
Date de publication 06/07/2026